Myriam
Par Jean Marc Martel 
Octobre 2002

Chapitre deux

Steve est maintenant de retour à la maison. Myriam n’est pas allée au village, par crainte de rencontrer celle qui harcelait son esprit le jour et bouleversait ses rêves la nuit. Lorsque Steve entre dans la maison, ce vendredi après-midi, elle se jette à son cou avec un tel empressement que l’homme recule d’un pas, afin de ne pas perdre son équilibre.
    
— Quelle réception, ma chérie !
— Je me suis tellement ennuyée de toi cette semaine.
— C’est agréable d’entendre cela, lance Steve une fois que leurs bouches se sont finalement séparées, après un long et brûlant baiser.
    
Myriam reste collée contre son amoureux pendant un moment, savourant sa présence. Puis, elle l’accompagne à la chambre pour y défaire sa valise. Pendant qu’elle s’affaire à récupérer les vêtements portés au cours de la semaine, Steve est entré sous la douche. Myriam se retourne et l’observe par la vitre aux multiples dessins givrés et transparents. Elle le voit frotter son corps élancé dans des gestes sans passion et une forte envie naît en elle, le rejoindre.
    
Elle retire rapidement ses vêtements et comme il s’apprête à sortir, elle le repousse vers l’intérieur en se plaquant contre lui. Allongeant le bras, elle réouvre le robinet et tous deux se retrouvent sous l’eau à peine tiède. Steve la serre contre lui et pose ses lèvres sur celle de sa compagne. Il s’ensuit un long et bouillant baiser qui porte l’homme à l’érection, pendant que Myriam lui griffe les fesses dans sa satisfaction. Cependant, des images viennent encore troubler son esprit, le visage et le corps de l’étrangère la distraient. Elle tente de la chasser, mais elle n’y parvient pas. Elle est là, entre elle et Steve. L’appétit sexuel de Myriam monte en flèche, alors qu’elle saisit le membre de son conjoint dans sa bouche. Tout près d’elle, elle sent la présence de cette autre femme et ensemble elle prenne le plaisir de goûter Steve. Leurs langues s’effleurent et s’entremêlent autour du gland et Myriam en retire un immense plaisir. Tour à tour, elles lèchent le pénis de Steve et l’enfonce avec gourmandise dans leur bouche respectives. Pendant de longs instants, la langue des deux femmes se partagent le membre de l’homme. Myriam se caresse, incapable de contrôler sa passion.  L’insistance et la fougue qu’elle porte au pénis de Steve le conduit rapidement à l’éjaculation, au moment même où Myriam atteint l’orgasme. La bouche dégustant le sève de son compagnon, elle hurle ses gémissements de plaisir et de suffisance. Lorsqu’elle se relève, elle l’embrasse avec ardeur et passion. Tous deux se lavent réciproquement et Steve reprends du désir pour sa compagne. Myriam ne saurait laisser passer une telle occasion et cette fois elle s’abandonne, seule et entière, à Steve. L’étrangère n’y est plus, elle l’a quitté, les laissant ensemble partager l’intimité et l’intensité de leurs corps enflammés. Ils se donnent l’un à l’autre, stimulé l’un par l’autre.

Plus d’une heure s’est écoulée lorsque le couple quitte finalement la douche. S’asséchant et se recoiffant, Myriam se sent heureuse et comblée. Comme à chaque fois que revient son homme, elle s’applique a lui donner tout ce dont il a manqué. Et, pour Steve, le sexe est un élément très important de sa vie de couple. L’heure du repas approche et Myriam n’a pas le cœur à le préparer.
    
— Si nous allions manger quelque part ? Qu’en dis-tu, Steve ?
— C’est une très bonne idée. Nous allons descendre à Québec et passer une agréable soirée cinéma. Ca te va ?
— Ouiiii... Cela me plairait beaucoup.
    
Il est dix huit heures lorsque le couple quitte la maison de campagne, prenant la direction de Québec. Ils bavardent des événements de leur semaine chacun leur tour. De son côté, Myriam néglige de raconter sa mésaventure, de toute manière, elle ne saurait comment lui expliquer. Pour la première fois, depuis qu’ils sont ensemble, elle lui cache quelque chose. L’autoroute se déroule devant eux, alors que Steve, jetant un regard vers sa compagne, la surprend, perdue dans ses pensées.
    
— À quoi penses-tu ? demande-t-il.

Myriam ne réponds pas.
    
— Myriam, ma chérie, lance douce-ment Steve, en lui touchant le bras. Elle sursaute.
— Excuse-moi, je…
— Tu étais encore dans la douche ? demande Steve, en souriant.
    
Myriam se contente de sourire en le regardant, préférant ne pas dévoiler ses pensées. La route achève, ils sont presque rendus à destination. Il aura fallu moins de trente minutes pour qu’ils atteignent la ville de Québec.
    
— Alors tu as choisi un endroit ? questionne Steve.
    
— Non pas vraiment ! Tiens regardes, si nous allions dans ce petit fast food, je n’ai pas vraiment faim. Quelques petites choses me suffiront, sinon nous allons être en retard pour le cinéma. À moins que toi, tu préfères autre chose ?

Steve entre sur le stationnement et gare la voiture. Le couple descend et marche main dans la main vers le resto de la chaîne familiale. Myriam regarde le menu rapide, suspendu au dessus du comptoir s’ouvrant sur une cuisine qui reluie de propreté. Elle arrête son choix sur un hamburger végétarien et un jus.
    
— Vous avez choisi, demande une voix féminine ?
— Oui, ce sera…Myriam s’arrête de parler… profondément troublée. Ses yeux viennent de rencontrer ceux de la serveuse. Elle reconnaît ce visage. Son estomac se serre, elle n’a plus d’appétit. Son cœur fait plusieurs tours, toujours incapable de répondre.
— Chérie, tu as choisi, lance Steve en touchant le bras de sa compagne ?
— Oui, oui ! Ce sera… un hamburger végétarien et un jus d’orange s’il vous plaît.

À son tour, Steve passe sa commande, tandis que Myriam, complètement boule-versée, se retourne dos à la jeune femme. Elle n’en croit pas ses yeux, son cœur bat à rompre sa poitrine, alors que ses jambes tressaillent. Elle repère une table libre et s’y rend afin de retrouver son calme. Pourtant, une fois assise, ses yeux sont sans cesse ramenés vers la jeune étrangère qui, de son côté, vaque à son travail sans se soucier de Myriam, s’affairant à servir les autres clients. Quelques minutes plus tard, le cabaret contenant les deux repas est ramené par Steve vers la table. Pendant qu’il mange avec appétit, Myriam grignote son repas, incapable de manger vraiment.

— Tu ne vas pas bien, s’inquiète Steve ?
— Si, si ça va.
— Toi qui avait si faim, tu ne….
— Désolée, je n’ai plus faim. Je croyais que...
— Comme tu veux, ma chérie.
    
Le couple termine le repas et remonte en voiture pour se rendre au cinéma. Myriam avait choisi un film comme elle les aimait, mais là, assise devant le grand écran, elle ne voyait pas les images, n’entendait pas les voix. Son esprit était encore au bord du petit ruisseau, revoyant les unes après les autres les images qu’elle avait pourtant cru avoir oublier à jamais. Tout au long de cette heure et trente, ses yeux sont posés sur l’écran, mais ils ne voient que l’intérieur de ses pensées. Et, lorsque les gens commencent à se lever, par réflexe, elle fait de même, suivie de près par son mari.  

— Alors, tu as aimé la projection ?
— Pardon ?
— Myriam, je te demande si tu as aimé le film ?
— Oui, oui, c’était génial.
    
Tout au cours du trajet qui les ramène vers leur résidence, Myriam ne dit mot. Elle regarde fixement devant elle, se dérouler la route comme un long cordon noir rayé de deux lignes jaunes. À la maison, ils prennent place au salon devant le téléviseur. Steve écoute les nouvelles tandis que Myriam n’y porte aucun intérêt. Elle est là, mais n’y est pas. La musique de la finale du bulletin de nouvelles la ramène sur terre.

— Steve raconte moi ta semaine. Comment cela s’est-il passé ?
— Pas vraiment de spécial ma chérie, les mêmes choses routinières, qui se répètent de semaines en semaines et de jour en jour.
— Et toi, ta semaine n’a pas été trop ennuyeuse ?
— Non, comme toi, le petit train train quotidien.
— Dis moi quelque chose ?
— Quoi ? demande Myriam surprise.
— Tu es certaine que tout va bien ? Tu me sembles à des kilomètres d’ici depuis que je suis arrivé.
— Non ! Vraiment, tout va bien et je suis très heureuse que tu sois de retour avec moi pour le week-end. Tu sais, demain j’ai invité quelques amis à venir souper et passer la soirée avec nous. On se fera un beau feu à l’extérieur, on se baignera avant de manger et qui sait, peut-être un bain de minuit !
— Hummm... Quelle bonne idée ça.
— C’est à cela que je pensais ce soir. Excuse-moi. Mais tu sais, une femme doit penser à ces choses, tous les préparatifs etc…
— Bien sûr, je comprends.

La soirée s’achève, alors que le couple monte dans leur chambre et, tour à tour, sous la douche. Puis, dans les minutes qui suivirent, Steve sombre dans un profond sommeil. Mais, Myriam ne parvient pas à trouver ce sommeil qu’elle envie à son mari. Elle tourne sur un côté puis sur l’autre, sans trouver une véritable position qui deviendrait propice à lui procurer le sommeil. Trop de choses lui trottent dans la tête. Trop de questions viennent la frapper de plein fouet. Comment le hasard pouvait-il avoir fait, pour qu’elle voit cette jeune femme par cet après-midi comme les autres ? Justement à cet endroit précis où il n’y a jamais personne. Comment le hasard a-t-il fait pour qu’elle la rencontre à nouveau ce soir, là, devant Steve ? Pourquoi son comportement se traduisait-il en une honte de l’avoir regarder ? Pourquoi cette sensation, que ses jambes se dérobaient sous elle ?

Finalement, épuisée, le sommeil vient cueillir Myriam pour la transporter dans des rêves à la fois longs et courts, à la fois beaux et laids, à la fois émotifs et profonds, à la fois ridicules et sans intérêt. Son sommeil est agité, elle ne parvient pas à trouver le véritable repos. Sur sa table de nuit, le cadran indique qu’il est presque trois heures du matin, lorsqu’elle ouvre les yeux, comme si elle n’avait pas dormi. Il fait chaud, elle a chaud. Elle se découvre partiellement le corps à la recherche d’une fraîcheur provenance de la fenêtre grande ouverte. À ses côtés, elle entend le ronflement de Steve. Elle referme les yeux, espérant pouvoir ainsi retrouver le sommeil. Mais il ne vient pas. Elle se lève et descend  à la cuisine. « Un verre de lait et une biscotte me feront le plus grand bien » , pense-t-elle, en ouvrant le frigo.

Appuyée contre le meuble de l’évier, elle grignote distraitement un biscuit dont elle n’a pas le goût. Ses yeux regardent fixement la porte de l’entrée, là où elle voudrait voir apparaître cette merveilleuse et troublante étrangère. Elle jette un œil rapide à l’horloge, l’heure n’avance pas assez rapidement. Elle ferme les yeux et la revoit, là, repliée sur ses genoux, au bord du ruisseau à recueillir de sa main de l’eau fraîche pour la déverser sur son corps sans doute bouillant. Elle l’observe laisser couler cette eau rafraîchissante et froide sur sa poitrine, qu’elle devine frémissante au contact de l’eau. Myriam prend inconsciemment son verre de lait et le porte à sa bouche, mais dans un geste inconscient, elle le renverse sur sa poitrine. Elle sursaute.

— Oufffffffff... Merde…qu’est-ce que j’ai fait ?
    
Le lait glisse sur sa peau mouillant son vêtement de dentelle noire. Elle pose le verre et du bout d’un doigt rejoint son mamelon qui pointe, émoustiller par le contact du lait froid. Elle le serre délicatement entre l’index et le pouce en refermant ses yeux pour rejoindre l’image de sa douce compagne inconnue. Ses mains ne peuvent retenir son désir, elle se caresse doucement, les promenant sur son corps bouillant. En touchant son ventre, un spasme délicieux se produit, l’encourageant vers cette quête du plaisir solitaire. Elle veut partager avec son étrangère, cette secrète femme qui l’a pourtant fait fuir au cours de la soirée. Rapidement, des mouvements saccadés envahissent son corps et… en quelques minutes… elle atteint une jouissance délectable, profonde et bienfaisante. Le souffle haletant, elle regarde sa main mouillée du bouillon de son plaisir et, la porte à ses lèvres.

Tremblante, elle s’agenouille et nettoie le plancher avant de remonter vers sa chambre. Elle se glisse dans le lit et ferme les yeux…

Myriam s’endort finalement…

                   * * * * *

La clarté sombre du jour pénètre la chambre en ce samedi matin. Myriam jette un œil déçu vers la fenêtre. La pluie est de la partie. La déception se lit sur son visage. Elle sait, qu’aujourd’hui, elle ne pourra revoir celle qui lui a donné ce doux plaisir nocturne. Elle choisit de se retourner, de dissimuler son visage à l’aide des couvertures, et rejoindre une autre fois un sommeil à demi profond, juste à la limite du rêve. Elle se rendort…

Deux mains caressent son corps, elle gémit dans son demi sommeil. Elle s’ouvre à ces caresses et son corps réagit, la ramenant peu à peu vers la réalité. C’est Steve qui, comme c’est son habitude du samedi matin, a envie d’elle. Il aime la prendre pendant son sommeil et elle participe à lui donner cette illusion qu’elle dort encore. Elle prend plaisir à amplifier son désir. Elle ressent ces mains qui parcourent son corps dans de doux élans de caresses. Il tournoie sur ses fesses, remonte dans son dos, touche son bras et s’aventure sous son sein. Elle le sent maintenant coller contre elle. Elle goûte ce plaisir de ce membre viril, en pleine érection, qui s’appui entre ses fesses. Il la retourne délicatement sur le dos et pose de doux baisers sur ses seins. Elle frémit. Il sait qu’elle est réveillée, qu’elle joue le jeu avec lui. Elle demeure immobile et se laisse ainsi cajoler, sans se faire prier. Il accentue ses mouvements, les partageant sur le corps délicieux de sa compagne. Myriam ne bouge toujours pas, elle attend le moment propice, c’est-à-dire qu’il touche finalement son sexe.

L’appétit de Steve est grandissant et il glisse sa tête sous les couvertures, afin de rejoindre le ventre de Myriam, qu’il sait réceptif à ses caresses buccales. Elle ne tarde pas à laisser échapper de petits soubresauts, incapable de se contenir plus longtemps. De légers gémissements parviennent aux oreilles de Steve qui, encouragé, poursuit avec plus de stimulation. Il approche du sexe de sa compagne, la touchant de sa langue. C’est là l’étincelle qui allume les débuts de partage du couple. Myriam devient de plus en plus survoltée et décide qu’elle a assez fait patienté son conjoint. Ses mains touchent la tête de Steve et la retiennent. Elle a soif de cette manière de faire. Elle aime ces attouchements successifs qui la conduisent vers l’accomplissement. Après de longues minutes, elle repousse Steve et le renverse sur le dos. À son tour, elle l’assaille avec ardeur et se délecte de ce membre qui lui procure tant de plaisir. De ses mains, elle le caresse, y joignant ses lèvres, puis sa langue. Finalement, sa bouche entière est mise à contribution et Steve ne peut s’empêcher de déguster l’insistance de Myriam. Et, lentement, sa compagne se glisse sur lui et s’insère de lui. Dans des mouvements lents et contractés, elle promène son sexe mouillé sur celui de son homme. L’excitation approche de son paroxysme et les mouvements sont de plus en plus rapides. Myriam veut rejoindre l’accomplissement final et s’active de plus en plus rapidement, laissant échapper des cris et des gémissements langoureux. Et, tous deux, portés au comble du plaisir, accèdent à la jouissance ultime de l’orgasme.

Presque épuisée, Myriam se laisse tomber sur la poitrine de Steve, qui la serre tendrement contre lui, caressant sa peau humide transpirant l’amour. Il l’em-brasse avec passion et la retient contre lui un long moment, le temps qu’ils reprennent leur souffle et se goûtent mutuellement.

La journée ainsi débutée se poursuit dans des activités de préparation pour la soirée de réception. Le soleil a finalement pointé son nez, encourageant Myriam qui s’affaire à préparer la nourriture, pendant que Steve, à plusieurs reprises, doit se rendre au magasin y chercher ce qui manque. Puis, le plus gros du travail effectué, le couple se dirige vers la piscine, le soleil s’est vraiment mis de la partie à la grande satisfaction de Myriam. Ainsi pourront-ils partager avec leurs amis, le plaisir d’un souper agréable et d’un bain de minuit.

Au cours de la journée, Myriam regarde l’heure à plusieurs reprises. Elle voudrait pouvoir se rendre sur le bord de son ruisseau, mais les préparatifs ne peuvent attendre. Steve pourrait bien se proposer de l’accompagner.

Les trois couples d’amis arrivent en fin d’après-midi et se joignent à leurs hôtes à la piscine. Des boissons rafraîchissantes sont préparées et dégustées par tous, arrosés par les chauds rayons du soleil. Le bavardage et les échanges vont bon train lorsque Myriam quitte pour aller terminer son travail d’hôtesse. Jacynthe la suit, afin de lui prêter main forte dans les derniers préparatifs. Les deux femmes s’entendent à merveilles et Myriam est fortement tenté de lui raconter son aventure au bord du ruisseau. Elle hésite, puis finalement y renonce, souhaitant conserver encore l’intimité de son secret. Elle craint d’indisposer fortement son amie, lorsqu’elle lui avouera ses réactions face à une autre femme. Que va-t-elle en penser ? La jugera-t-elle ? Pourquoi courir ce risque de perdre une amie si précieuse ?

Le bavardage coule tout en terminant les derniers plats. Et, ensemble, les deux femmes apportent des grignotines qui ouvriront l’appétit. Les boissons renouvelées aident à délier les langues et les conversations comme les rires vont bon train. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, les uns parlant de travail et de sport et les autres de leurs petits problèmes personnels qui touchent les enfants. Des éclats de rire viennent enjoliver les confidences que les femmes se font entre elles.

Il est presque dix neuf heures lorsque Steve, aider de Laurent, pose les steaks sur le grill. Les patates et les légumes enveloppés dans du papier d’aluminium sont déjà à la cuisson depuis un certain temps. Les femmes s’appliquent à monter la table tout près de la piscine. L’odeur des viandes grillées s’engouffre dans les narines des invités qui salivent de les déguster.

Le petit groupe d’amis est maintenant à table et les conversations entrecoupés de bouchées s’entremêlent et bien sur, quelques histoires bien salées racontées par Laurent. Il a ce sens de les exprimer qui est apprécié par quiconque l’écoute. Il prend un malin plaisir à les modifier, les rallongeant selon l’intérêt qu’il lit sur les visages. Et, comme il aime le faire, il tente d’embarrasser les femmes, qui elles, jouent le jeu. Des compliments sont adressés aux hôtes, mais surtout à Myriam qui a presque tout préparé seule. Le repas terminé, café et digestifs sont de mise ainsi que la relaxation d’un bon souper à digérer. Pendant ce temps, le soleil a amorcé sa descente, faisant disparaître du même coup l’effet de chaleur. Lumières décoratives allumées et musique douce sont maintenant de la partie. Certains parlent entre eux, d’autres sont perdus dans leurs pensées ou réflexions. Soudain, sans crier gare, Pierrot, le conjoint de Jacynthe se lève d’un bond et saute dans la piscine, suivi presque aussitôt par deux autres. La plupart se retrouvent dans l’eau, exception faite de Myriam et Jacynthe qui semblent tenir une conversation soutenue. Jetant un œil à leurs amis qui s’amusent, elles rient. La soirée se poursuit et, dès la sortie de la piscine, les amis s’amusent à faire quelques pas de danse. La lumière est maintenant tamisée et des bouches se rejoignent parfois dans des baisers furtifs. Il est plus de deux heures du matin lorsque tout le monde quitte, se saluant les uns les autres, se promettant bien de se reprendre, mais cette fois chez un autre couple.

    Ils se retrouvent à nouveau seuls et s’affairent à ramasser une partie des victuailles encore à la traîne. Ce qui ne peut demeurer là est récupéré et rentrer pour être mis sur le comptoir ou au frigo. Pour le reste, demain fera l’affaire. Le couple monte à leur chambre et passe dans la douche, peu à peu gagné par le sommeil ou par un verre de trop venu engourdir leur esprit.

Le week-end se poursuit le lendemain, dimanche, et la journée en est une de repos et de baignade relaxante. Myriam fait un peu lecture, pendant que Steve s’affaire à son portable, afin de mettre au point sa semaine de travail. Le souper est simple et léger, alors que le couple échange sur différents sujets. Il est presque vingt deux heures lorsqu’ils décident qu’il est temps de prendre un peu de repos, Steve se levant tôt le lendemain.

chapitre 3