Myriam
Par Jean Marc Martel 
Octobre 2002

Chapitre premier

Myriam se promène au bord du petit ruisseau qui longe leur propriété. La température est magnifique sous le soleil qui réchauffe son corps. Elle marche, d’un pas lent, écoutant la musique de l’eau qui tambourine sur les petits rochers qui sont obstacles au courant. La pluie des derniers jours a fait remonter le niveau de la petite rivière, donnant un souffle nouveau à cette musique qui la détend et lui apporte la paix de l’esprit. Mains derrières le dos, d’un pas nonchalant, elle évite, par de petites enjambées, quelques branches tombées des arbres qui jettent une ombre au-dessus d’elle. Sur la grande et sobre propriété qu’ils possèdent, ce coin particulier lui sert de refuge dans ses moments de nostalgie, lorsqu’elle se sent cafardeuse ou ennuyée par quelque chose qui la contrarie. C’est là qu’elle se replie afin de se libérer ou de tenter de comprendre ce qui  la contrarie ou l’afflige. Été comme hiver, c’est ce petit jardin secret qu’elle rejoint. Elle s’y sent en sécurité, isolée et entourée d’une nature qui l’invite à mieux comprendre les moments parfois difficiles de sa vie. À cet endroit, sous ce cachet enchanteur, elle remet en question ses indécisions, ses hésitations, ses craintes, ses peurs et tout ce qui la tracasse, pour une raison ou pour une autre. C’est son havre de paix physique et moral. Elle n’y amène personne et n’y rencontre personne, sauf par son esprit, son imagination et son cœur.

Myriam est vêtue d’un gilet sans manches, enjolivé d’un profond décolleté, d’un short en denim et de petites sandales sans talons. Certes, ce ne sont pas des souliers de marche, mais elle n’était pas sortie dans ce but. Pourtant, quelque chose l’avait inconsciemment poussé à se diriger vers son refuge. Ses cheveux, châtains clairs, frôlent ses épaules presque nues, soulevés par une légère brise. Et, sans y avoir vraiment pensé, ses pas l’avaient conduite à cet endroit, ce lieu qui renferme tous ses souvenirs d’enfant, d’adolescente et maintenant de femme, les beaux comme les douloureux.

Âgée de vingt huit ans et devenue une femme magnifique, Myriam s’était mariée, voilà bientôt quatre ans, avec celui qui avait su conquérir son cœur. Son bonheur s’était pourtant assombri avec le temps car, celui à qui elle vouait un amour inconditionnel, n’était jamais là. Son travail l’obligeait à voyager à travers le Québec et l’Ontario. Myriam se retrouvait seule pendant de longues semaines, et Steve lui manquait immensément chaque fois que la solitude venait la troubler. La grande maison était vide sans lui, tout comme son lit. Ses repas lui paraissaient lourds au point d’éviter la grande table de la salle à manger, préférant se retrouver assise sur un tabouret dans la cuisine, à même le comptoir de service. Parfois, des amies venaient lui rendre visite et briser son ennui. Et, lorsque son homme revenait le vendredi, en fin d’après-midi, c’était une fête pour elle. Elle accueillait son amoureux sur le pas de la porte et, chaque fois, c’était magique. Un plaisir sans cesse renouvelé qui, du coup, venait tout effacer, redonnant  la vie à ses yeux, à son corps et à son cœur.

Arrivée à la hauteur d’une succession de petit remous, elle s’arrête et regarde avec admiration son arbre préféré, celui qui a grandit avec elle. C’est là qu’elle s’est assise des milliers de fois depuis son enfance. Cet érable magnifique et fier qui, d’une hauteur de presque 20 mètres, jette son ombre protecteur sur elle, la couvrant de ses feuilles contre les chauds rayons du soleil. La détente y est savoureuse par cette température chaude et humide. Chaque fois, elle retrouve aussi ce petit rocher que son père, décédé depuis quelques années, avait pris soin de déplacer par la force de ses bras, afin de lui installer convenablement. Elle retire ses sandales et plonge ses pieds dans cette eau presque froide. Une merveilleuse sensation de fraîcheur la parcoure sur tout le corps. Elle demeure là quelques minutes, papotant ses pieds dans l’eau comme lorsqu’elle était enfant. Tête renversée vers l’arrière, elle prend appui sur ses mains et admire le feuillage de cet arbre immense qui a si souvent entendu ses joies et ses peines. Pendant un long moment, elle donne libre cours au rêve, laissant vagabonder dans son esprit les idées et les images qui viennent lui rendre visite. Cet endroit lui apporte la paix, le bien être et la détente. C’est là qu’elle se libère de tout ce qui la trouble. Elle soliloque devant son arbre, accompagné de la douce musique de son ruisseau, sans jamais recevoir de lui une réponse. Pourtant, chaque fois qu’elle s’y retrouve, elle en retire toujours un certain bienfait, presqu’une libération ou, à tout le moins, une meilleure compréhension de ce qu’elle vit dans le moment présent. Cette habitude est incrustée en elle depuis toujours et, bien qu’elle connaisse l’impossibilité d’entendre une réponse de vive voix, elle persiste à se confier à la nature qui l’écoute paisiblement. Plusieurs fois, retranchée dans ce coin, elle a trouver ce qu’elle cherchait. C’était sa manière d’atteindre une certaine forme de liberté. Elle pouvait tout dire à son arbre, écoutée d’une oreille discrète par son ruisseau. Cet arbre l’écoutait patiemment, sans lui faire de reproches, sans la juger et, surtout, sans jamais se défiler.
                                                            

                    * * * * *

Hier, Steve était encore reparti pour la semaine. Elle sourit en se remémorant le début de la matinée. La sonnerie du cadran était venue mettre un terme maladroit à leur sommeil, dans un bruit exécrable. Elle avait ouvert les yeux avec difficulté, regardant près d’elle le corps de son compagnon. Elle n’avait pu se retenir de se rapprocher de lui, de se coller quelques instants contre cet homme qu’elle aime de tout son cœur. Elle avait savouré ce moment intime et à la fois délicieux. Lentement, elle lui avait caressé la poitrine, glissant ses doigts au travers des poils qui la recouvrait partiellement. Encore une fois, elle n’avait pu résister à l’envie de descendre une main furtive sur son ventre, pour finalement toucher son sexe dans un effleurement léger et rempli de provocation. Après quelques secondes de caresses, la réaction qu’elle souhaitait ne tarda pas à se produire. Elle savait qu’il la laissait le tenter, sans bouger, profitant de ces moments combien agréables. L’appétit sexuel de Myriam grandissait avec ses gestes. Elle posait de doux baisers sur cette peau endormie qui goûtait encore le sommeil. Doucement, son bassin glissait contre les fesses de Steve, qui répondait maintenant à ses avances, incapable de résister plus longtemps. Elle connaissait ses points faibles et s’y appliquait particulièrement, le poussant davantage à combler son désir.
    
— Bonjour mon amour…
— Bonjour toi, ma jolie fleur…

Myriam descend lentement une langue gourmande dans le dos de son compagnon, goûtant cette peau qu’elle désire. D’une main, douce, chaude et habile, lentement, elle caresse avec des effleurements jusqu’à atteindre le membre qui, dès qu’il se sent touché en vient rapidement à pleine érection. De l’autre main, c’est son corps qu’elle caresse. À la hauteur des fesses de Steve, elle le mordille légèrement, l’obligeant à bouger dans de petits soubresauts de plaisir. Et, lentement, elle l’amène à se retourner sur le dos. La complicité de son homme était un excitant pour elle. Son appétit augmentait avec les gestes, elle n’en pouvait plus de résister à poser ses lèvres sur l’objet de son désir. Steve émet un petit gémissement… Myriam entrouvre ses lèvres et laisse sa langue se promener sur le gland du pénis de Steve, savourant chacun des petits mouvements. Puis, de ses deux mains, elle caresse ce corps enflammé et aspire vers l’intérieur de sa bouche le membre gonflé de désir. Dans des mouvements de va et vient circulatoires, elle goûte voluptueusement. Son excitation augmente. Toutes ces sensations initient des images et des pensées sensuelles et sexuelles qui participent à activer ses sens. Les réactions de Steve, accompagnées de petits grognements, l’excitent davantage. Elle intensifie, mettant en place toutes les pièces du puzzle afin d’atteindre son but. Elle veut qu’il la prenne, qu’il la possède, qu’il la conduise vers l’ivresse de la jouissance. Elle veut emmagasiner en elle, dans sa mémoire et dans son corps, les délices de cet autre moment ultime. Ainsi, durant la semaine, elle pourra, chaque fois qu’elle en aura envie, revivre ces images par le biais de ses souvenirs.

Alors que son esprit vagabonde autour de son partage de la veille avec Steve, un bruit inhabituel de branche cassée ou piétinée la soustrait à ses pensées. Elle ouvre les yeux et, inquiète, elle regarde rapidement autour d’elle. À quelques mètres, vers sa droite, elle aperçoit finalement, de l’autre côté du ruisseau, une jeune femme qui sort du boisé. Elle se dirige d’un pas incertain, enjambant sans doute des broussailles, vers le bord de l’eau. Elle ne connaît pas cette silhouette qu’elle voit pour la première fois. Elle distingue à peine son visage, trop loin pour en parcourir les traits. La jeune femme s’agenouille et plonge ses mains dans l’eau pour se rafraîchir. Dans un mouvement rapide, elle asperge son visage projetant l’eau sur ses cheveux et son corps.

Intriguée, et à la fois surprise par cette présence, Myriam se retire sous l’ombre du gros érable, observant dans son retranchement cette étrangère qui, par sa présence, est venue troubler son refuge. Ses longs cheveux, bien qu’ils soient tressés, sont d’un noir d’ébène sous les reflets du soleil. Les longues nattes touchent maintenant l’eau. La femme ne semble pas avoir remarquer la présence de Myriam. Elle plonge à nouveau ses mains dans l’eau et humecte maintenant ses bras, dans de lents mouvements qui deviennent de plus en plus agréables aux yeux de Myriam. Elle ne peut retenir un petit sourire, devant ce qui se déroule sous ses yeux. Elle se demande même si ce n’est pas encore un de ces rêves qu’elle fait parfois les yeux ouverts. Un rêve imprécis et insistant qui vient chaque fois la troubler davantage, ramenant à son esprit ce fantasme qui la tiraille et qui s’infiltre en elle de plus en plus souvent. Les images qui se déroulent sous ses yeux sont ressemblantes à celles qu’elle a plusieurs fois visionnées ces derniers temps. Elles ressemblent à celles de son passé d’adolescente qui, depuis quelques mois, avaient refait surface, lui procurant de nouvelles sensations, de nouvelles émotions. Et, lentement, ce ramassis d’images, au début confuses, avaient pris leur place en se précisant davantage en elle. Et, au fil du temps les images éparses se transformaient en un fantasme de plus en plus puissant. La première fois que ces pensées lui étaient revenues, elle les avait aussitôt chassé. Elles lui faisaient peur, l’insécurisaient. Pourtant, elles étaient venues la hanter de si nombreuses fois dans ses rêves, que maintenant, elles refaisaient partie d’elle. Elles avaient les mêmes bases, mais vue sous des angles différents. Chaque fois qu’elles surgissaient, une forte excitation l’envahissait, mais elle résistait et parvenait, non sans peine, à passer outre. Pourtant, aujourd’hui, quelque chose est différent, c’est devenu presque réalité sous ses yeux, là, devant elle, une forme humaine bien réelle remettait tout en question. Cette femme est bien vivante.

Myriam ne peut pas donner un âge à cette visiteuse impromptue, sans doute au début de la vingtaine, adolescente ou femme, elle ne sait pas. Cependant, les formes de ce corps l’amenaient à croire qu’elle devait avoir vingt ou vingt deux ans. Elle est incapable de détacher ses yeux de ce corps de femme. Ils sont fixés, rivés sur ses mouvements, épiant chacun de ses gestes. Maintenant, l’étrangère recueille de l’eau dans le creux de ses mains et la renverse sur sa poitrine, faisant pénétrer ses mains dans le petit gilet de coton, d’un jaune très pâle. L’eau assombrit peu à peu la couleur du vêtement. Elle semble retirer un certain plaisir à mouiller ainsi sa poitrine avec de l’eau froide. Myriam n’ose pas bouger par crainte d’attirer l’attention. Cependant, elle ne parvient pas à voir ce qu’elle souhaite secrètement. Cette vision réveille quelque chose de nouveau, d’une force jamais vécue dans son corps, une sensation qu’elle arrive à peine à contrôler. Une délicieuse sensation qu’elle n’avait encore jamais ressentie avec autant de puissance, depuis que ses idées d’adolescente lui étaient revenues, sans qu’elle ne sache pourquoi. Elle est surprise et intriguée par ces pensées inaccoutumées. Elle en est à souhaiter de voir les gestes se prolonger, se préciser. Voir plus de ce corps dont elle ne peut rompre son regard, ni empêcher son imagination de vagabonder dans ce monde particulier de sa sexualité. Voir des images dans sa tête ou dans un film est une chose, mais les voir se dérouler devant elle la trouble profondément. Sans se rendre compte, poussée par une impulsion nouvelle, elle pose ses mains sur sa poitrine. Ses doigts se resserrent dans de lents mouvements de massage sur ses seins menus et sensibles au toucher. Le plaisir, qu’elle ne souhaite plus contrôler, grandit en elle.

Pendant de longues et interminables minutes, l’étrangère laisse glisser de l’eau sur son corps, détrempant de plus en plus ses vêtements. Ses mains glissent sur sa poitrine et, lentement, elle touche ses seins avec insistance. Puis, elle s’allonge sur le sol, descend doucement ses mains vers le bas de corps et caresse son ventre. D’une main, elle dégrafe  son short de denim et y insère la main. Myriam ne peut et ne veut retirer ses yeux devant ce qui s’offre à elle. Elle en retire un plaisir qui devient de plus en plus intense. Elle ne bouge pas, par crainte de déranger ou d’apeurer cette visiteuse qui la transporte dans ce rêve qui se réalise là, à quelques mètres d’elle. Elle l’observe donner à son corps un plaisir grandissant. D’une main, la jeune femme caresse sa poitrine et, de l’autre, son sexe. Après un temps qui lui paru trop court, Myriam cru entendre un cri étouffé, pendant que le corps de la jeune femme se replie soudainement. Maintenant, elle lui tourne le dos et, les jambes ramenées vers sa poitrine, elle demeure ainsi sans bouger. La respiration de Myriam s’est accentuée et ses mains procurent un plaisir de plus en plus intense à ses seins. Elle voudrait aller plus loin, mais n’ose pas, préférant resserrer ses cuisses sur son bouillant de désir.  Elle sent la cyprine qui s’échappe de son sexe, mais elle refuse de donner suite.

Après quelques minutes d’immobilité, l’étrangère se lève et marche lentement vers le petit boisé. Myriam épie chacun de ses pas, regardant les jambes élancées et la rondeur des fesses de cette femme. Elle observe les mouvements de ses hanches qui provoquent le désir de Myriam. La sueur perle sur son front, coule sur sa poitrine et humecte son entrejambes. La jeune femme avance de plus en plus vers l’orée du boisé et Myriam sait, que bientôt, elle y disparaîtra à jamais. Elle regarde les longues tresses bouger sur son dos et les muscles de ses jambes imprégner sa peau dans des dessins musculaires agréables. Puis, finalement, la troublante jeune femme disparaît entre les arbres, ne laissant à Myriam que de puissantes idées qui parcourent son esprit et brûlent l’intérieur de son corps. Elle a été subjuguée par ce qui s’est déroulé sous ses yeux. Qui était donc cette jeune femme ? Où demeurait-elle ? Venait-elle là souvent ? Reviendrait-elle demain, ou après demain, ou jamais ? Les bras et les jambes engourdies, Myriam se laisse glisser vers le sol et ferme les yeux. Une à une, elle revoit ces images que ses yeux avaient captées et elle sent ses doigts griffer la terre d’impuissance et de retenue. Ses cuisses se resserrent malgré elle, mais elle préfère se lever et quitter cet endroit qui la trouble avec tant de pression et de passion.

Elle veut chasser de son esprit ce moment d’intimité volé à cette jeune femme. Elle en ressent une certaine honte. Elle reprend sa marche et se dirige vers sa maison située à quelques centaines de pieds de là. Elle tente de distraire son esprit en admirant cette nature généreuse, fixant ses yeux sur les fleurs sauvages qui bordent le petit sentier. Mais chaque fois, c’est le corps de cette femme qui apparaît entre les fleurs sauvages et ses yeux. Elle tente maladroitement de reprendre ses esprits en regardant autre chose. Elle marche maintenant sur le gravier de l’allée qui mène à son portique, balançant les bras comme une enfant insatisfaite de ce qu’elle venait de faire. Pendant un long moment, elle jette un œil vers sa voiture, imaginant qu’elle lui ouvre la portière afin qu’elle y monte et parte à la recherche de l’objet de ce rêve, de ce désir, de ce tourment. Elle ne sait plus comment qualifier ce qu’elle vient de vivre tellement ces quelques instants l’ont bouleversé.  

Myriam se dirige vers la salle de bain et retire ses vêtements. Elle a besoin d’une bonne douche pour la ramener sur terre, dans cette réalité plus normale de la vie. L’eau tiède coule sur sa peau et lentement Myriam ouvre le robinet, le tournant vers le froid. L’eau, devenue presque glacée la saisit. Un petit cri de surprise s’échappe de ses lèvres.
    
— Oufffffffff…
    
Pendant de longues minutes, elle laisse couler cette eau froide sur sa peau, rafraîchissant son corps. Pourtant, les images qu’elle veut chasser de son esprit ne partent pas, ne s’évaporent pas. Elles s’incrustent en elle, dans sa mémoire comme marquées au fer rouge. Elle n’en peut plus, elle doit satisfaire ce désir enflammé qui brûle en elle. Elle décroche la douche téléphone, réchauffe l’eau progressivement et la porte sur ses seins. Pendant quelques instants, puis, incapable de se retenir plus longtemps, elle la descend lentement sur son ventre. Lorsque le jet, en fonction vibratoire, atteint son sexe, elle échappe aussitôt un cri de satisfaction.
    
— Ahhhhhhhh...
 
Et, moins d’une minute plus tard, un long gémissement résonne dans la pièce. Une jouissance intense et soudaine, accompagnée de convulsions, s’installent en elle avec une rapidité déconcertante. Elle en est la première surprise, car auparavant, lorsqu’elle s’adonnait à ce délice intime de la douche, elle passait de très longues minutes à se procurer du plaisir avant d’atteindre l’orgasme. Pourtant, cette fois-ci, elle a atteint la jouissance avec une ivresse si invrai-semblable, que cela lui fait presque peur. Après avoir raccroché l’objet, elle demeure immobile sous l’eau, cherchant à reprendre ses esprits. Sa respiration soulève par soubresauts sa poitrine, pendant que les battements rapides de son cœur tambourinent dans sa tête et la martèlent de l’intérieur. Ses jambes tremblent et son ventre reçoit des spasmes irréguliers. Elle ne se comprends plus.
    
Elle se lave rapidement et quitte aussitôt cet endroit qui a ramené à son esprit ces images qui la brûlent. Entourée d’une longue serviette de bain, elle sèche ses cheveux. Devant le grand miroir, elle n’ose se regarder dans les yeux, honteuse de ce qu’elle vient de faire. Comment avait-elle pu atteindre cette jouissance que seul Steve lui procurait ?
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La semaine s’est écoulée, sans qu’elle ne revoit la jeune étrangère. Elle a pourtant fait plusieurs visites, sur les lieux de ce qui était devenu maintenant un fantasme profondément ancré en elle. Pas un soir au coucher, pas un instant dans la douche ne se passait sans que ces images resurgissent à son esprit. Elle avait hâte comme jamais de voir Steve revenir à la maison, afin de remettre un peu d’ordre dans ses pensées. La présence de son homme effacera tout cela et ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir qui, comme tant d’autres, retournera se cacher profondément en elle.
    
Elle se dirige vers la piscine extérieure et s’allonge sur une chaise. Ce qui s’est produit dans cette dernière heure l’a si profondément bouleversée qu’elle ne peut s’empêcher de tout remettre en question.
    
Ces pensée de jouissances avec une autre femme l’effraient. Comment peut-elle penser à cela alors qu’elle vit avec un homme qu’elle aime ? Elle a bien vu des films xxx à la télé où des femmes se faisaient l’amour, mais ce n’était que pour le public voyeur, pas la réalité. Cela existe-t-il vraiment ? Y a-t-il d’autres femmes dans la même situation qu’elle, mis à part les lesbiennes, qui s’adonnent à ces choses ? Est-elle une femme anormale ? Pourquoi cela l’excite à ce point ? Serait-elle une lesbienne non avouée ? S’il fallait que Steve sache… Elle se lève brusquement et plonge dans l’eau. Elle nage rapidement, voulant se changer les idées et procurer à son corps une telle fatigue, qu’il cesse de réagir. Après plusieurs minutes d’intense natation, elle s’accroche au rebord de la piscine, presqu’à bout de souffle. Et, lentement, elle rejoint l’escalier. Le soleil est encore bien présent dans le ciel sans nuage et elle s’allonge à nouveau, reprenant progressivement une respiration plus normale. Fermant les yeux, elle sombre dans un demi sommeil

chapitre 2